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Centres écologiques et antennes multifonctionnelles

Note conceptuelle sur les centres écologiques et antennes multifonctionnelles dans le contexte du Programme d’Appui à la Conservation des Ecosystèmes du Bassin du Congo (PACEBCo)

Centre de Lwiro - Primate du CRPL

Centre de Lwiro - Primate du CRPL

Contexte et justification
Le  Programme d’Appui à la Conservation des Ecosystèmes du Bassin du Congo (PACEBCo) est un programme multinational qui intègre à la fois les enjeux écologiques, sociaux et économiques. Ceci est une conséquence logique de l’approche paysage qui est celle adoptée pour son déploiement dans les six paysages retenus à savoir, le Paysage Tri-National de la Sangha, le Paysage Virunga, le Paysage Maringa-Lopori-Wamba, le Paysage Maiko-Tayna-Kahuzi-Biega, la Paysage Monte Alen-Monts de Cristal et le Paysage Lac Télé-LacTumba.

Le programme qui s’appuie sur le cadre institutionnel existant, est exécuté à travers des conventions signées avec des partenaires sur le terrain.
Le Réseau des Aires Protégées d’Afrique Centrale (RAPAC) qui fait partie de ces partenaires devra, dans le cadre du renforcement de la surveillance et du suivi écologique des aires protégées, assurer la construction, l’équipement et la mise en service de 06 centres écologiques pour le suivi et la collecte des données de base sur l’évolution des écosystèmes et des ressources biologiques.

 

Par ailleurs, le programme envisage mettre à la disposition des populations vivant autours des six paysages ciblés par le programme des antennes multifonctionnelles comme appui au développement local à travers la gestion (vulgarisation, utilisation,…) des diverses informations (résultats de recherches, outils de développement,…).

 

Aux fins d’une meilleure appréhension des concepts de centre écologique et d’antenne multifonctionnelle par les différentes parties prenantes, préalable à sa bonne opérationnalisation dans le contexte du PACEBCo, nous avons jugé opportun de susciter une contribution la plus large possible de la part des différents acteurs sur les perceptions des uns et des autres sur ces concepts. Tel est l’objectif de la présente réflexion.

LES CENTRES ECOLOGIQUES
I.    Les centres écologiques
1.1. Vocation
Il convient de noter que, si les paysages retenus dans le cadre du programme ont ceci de commun qu’ils constituent des entités géographiques homogènes et dynamiques qui intègrent non seulement des aires protégées mais aussi des communautés qui dépendent de la forêt pour leur survie, ils se caractérisent par ailleurs par des spécificités sur les plans géomorphologique, géophysique, topographique, faunique, floristique, microclimatique, économique, etc. qui interdisent d’uniformiser le concept de centre écologique dans le cadre du PACEBCo  et de l’étendre systématiquement d’un paysage à un autre sans tenir compte de leurs caractéristiques spécifiques.

Dans le cadre du PACEBCo, la vocation à laquelle doit répondre un centre écologique devrait être fortement influencée par :

  • La présence d’institutions de formation telles que l’Ecole Régionale Post-Universitaire d’Aménagement et de Gestion intégrés des Forêts et Territoires Tropicaux (ERAIFT) et l’Ecole de Faune de Garoua (EFG) et les missions qui leur sont assignées, ainsi que d’autres initiatives et institutions sous régionales telles que le CARPE, UICN, OFAC, CIFOR, etc.
  • Le souci de préservation, de suivi et de valorisation de la riche biodiversité;
  • La nécessité d’organiser les communautés, de les former sur certains outils de gestion de la biodiversité ainsi que  d’améliorer le bien-être des communautés qui vivent dans un environnement qui se caractérise par une paupérisation croissante.

En considération de ce qui précède, un centre écologique dans le contexte du PACEBCo pourrait, en prenant le soin d’intégrer le développement durable dans l’ensemble de ses opérations et en veillant à la responsabilisation des acteurs locaux en vue de son appropriation et de sa pérennisation, avoir entre autres vocations:

 

  • De promouvoir la connaissance du milieu naturel en abordant les questions relatives au fonctionnement de la planète (géologie, climat, cycle de l’eau, cycle du carbone,…), aux problèmes environnementaux (réchauffement climatique, pollutions de l’eau, les déchets,…), aux phénomènes naturels (climatiques-sécheresse, inondation,…, géologique- volcans, séismes, …) ;
  • De contribuer au développement local à travers les connaissances et les expériences générées par ces centres écologiques ;
  • D’élever la connaissance et la conscience des populations locales sur les valeurs environnementales de leur territoire afin de mieux le protéger et l’utiliser ;

1.2. Aménagement des centres écologiques
L’aménagement d’un centre écologique et sa localisation géographique sont fortement tributaires de la/des vocation (s) qui lui est /sont assigné (es).
C’est ainsi qu’un centre écologique peut consister en un réseau de pistes pédestres planifiées de manière rationnelle dans l’aire protégée et destinées à conduire les visiteurs dans le cadre de l’écotourisme à des sites d’endémisme d’espèces fauniques ou floristiques emblématiques. Il peut également consister en de structures aménagées plus complexes, localisées dans ou hors des aires protégées et constituées d’éléments bâtis et non bâtis devant assurer les fonctions d’accueil (hébergement, enseignement,…), de restauration, d’exposition (spécimens floristiques ou fauniques, objets artisanaux locaux,…), de divertissement (jeux individuels ou collectifs). Enfin, l’on peut avoir des cas qui combinent les deux éléments ci-dessus.
La/les vocation(s) du centre écologique va/vont fortement dicter sa localisation, sa conception urbanistique et paysagère ainsi que sa conception architecturale et technique, ces étapes devant avoir pour socle permanent la participation de toutes les parties prenantes.

1.3. Equipement des centres écologiques
Les éléments destinés à équiper un centre écologique devront être identifiés de manière à permettre audit centre de remplir de manière satisfaisante sa/ses mission(s).
Dans le cadre des paysages du PACEBCo qui se caractérisent dans l’ensemble par la rareté de l’énergie électrique, si une vocation donnée impose à un centre écologique des équipements exigeant de l’énergie électrique pour leur fonctionnement, il est important qu’une réflexion approfondie soit préalablement menée sur la source appropriée d’énergie à acquérir et comment elle pourrait être utilisée de manière efficace et efficiente. Il peut s’agir de l’énergie solaire, hydro-électrique ou autre source d’énergie renouvelable.  
La même approche devrait être adoptée en ce qui concerne les équipements de télécommunication et d’information.

II. ANTENNES MULTIFONCTIONNELLES
Les antennes constitueront un  tremplin pour l’amélioration du niveau de vie des populations et la gestion durable des écosystèmes du bassin du Congo.  A cet effet, elles devront se doter des capacités et des moyens capables d’offrir les services permettant d’impulser le développement local et favorisant la régénération des écosystèmes. Comme service spécifique que fourniront les antennes, celui de la mise en œuvre des conventions, lois et règlements portant sur la biodiversité a une place importante dans le rôle des antennes. A titre d’exemple, les questions d’accès aux ressources génétiques et partage des avantages découlant de leur utilisation ont connu une avancée significative récemment sur le plan réglementaire avec l’adoption en 2010 du Protocole de Nagoya sur l’Accès aux Ressources Génétiques et le Partage des Avantages découlant de leur Utilisation. Mais avant le Protocole de Nagoya sur l’APA, l’accès, utilisation et les échanges des ressources génétiques pour l’alimentation et l’agriculture avaient été traite dans le Traite International de la FAO de 2001 sur les Ressources Génétiques pour l’Alimentation et l’Agriculture. Ces deux traites doivent être mises en œuvre sur les plans domestiques par les pays qui doivent mener un certain nombres d’actions à cet égard. Les antennes multifonctionnelles serviraient donc de relais des autorités nationales compétentes dans les paysages et auront la responsabilité d’aider les communautés locales dans le développement de leurs protocoles communautaires et leur respect par les acteurs externes dans le cadre des négociations/consultations. En jouant ce rôle de relais, les antennes peuvent bien se constituées comme point de vérification du respect des dispositions règlementaires sur l’APA prévus par la Protocole de Nagoya. Et comme point de vérification, les institutions chargées de la délivrance des titres de propriété intellectuelle comme les brevets, notamment l’OAPI et les institutions extérieures à la sous-région, bénéficieront des services des antennes, si leurs législations nationales leurs en donnent les prérogatives.

2.1.    Rôle des antennes multifonctionnelles

Ces antennes joueront deux rôles essentiels :

  • Fournir des services et conseils d’appui à l’entreprenariat rural :

-    Information sur le potentiel économique local (l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, la pêche ; écotourisme, ….) ;
-    Faciliter l’accès à l’Information sur le marché ;
-    Information sur les services de santé et éducation,
-    Information environnementale,
-    Favoriser  le partenariat avec d’autres personnes ou organismes notamment du secteur privé, les services d’accompagnement et de soutien technique ou financier auprès des entrepreneurs potentiels ;
-    Sensibiliser sur le respect des conventions, lois et règlements sur la biodiversité

  • Formation  professionnelle :

-    Formation en informatique ;
-    Formation en langues ;
-    Formation en techniques de production ;
-    Formation en gestion des conflits et financière
-    Formation en gestion de la biodiversité, etc….
A ces deux principaux services peuvent s’ajouter d’autres selon les paysages. Nous pouvons citer entre autre le service d’épargne et de crédit, et la promotion de la culture.

2.2.    Equipements d’une antenne

-    Outils informatiques ;
-    Ligne internet/téléphone ;
-    Radio satellitaire ;
-    Matériel audio-visuel (vidéo, projecteur, lecteurs, hauts parleurs, télévision,) ;
-    Salle multimédia ;
-    Salle de réunion ;
-    Coffres forts ;
-    Salle de réunion.
-    Autres bureaux

2.3.    Bénéficiaires
Les bénéficiaires directs de ces antennes sont les populations enclavées et pauvres vivants dans les paysages.  Par ailleurs, ces antennes serviront de pont ou de catalyseur pour les autres acteurs œuvrant dans les paysages.  Il s’agit notamment des administrations locales, des agents de développement, des entrepreneurs, des chercheurs, etc…).

CONCLUSION
Les centres écologiques et les antennes multifonctionnelles bien contextualisés contribueront certainement à l’atteinte des objectifs visés par le PACEBCo sur le double plan de la conservation des écosystèmes des paysages ciblés et l’amélioration du cadre et du niveau de vie des communautés qui en dépendent.
Pour relever ce défi, la participation des différentes parties prenantes et leurs contributions au stade critique de conceptualisation de ces infrastructures est nécessaire afin d’éviter l’émergence in fine d’ »éléphants blancs».

Notre espoir profond est que le présent papier essentiellement incitatif suscite effectivement des contributions pertinentes devant permettre de mieux conceptualiser et opérationnaliser par la suite les centres écologiques et les antennes multifonctionnelles dans le contexte du PACEBCo.

Visionnez sous forme d'image le Concept de Centres écologiques et antennes multifonctionnelles (pdf 8Ko)

Mis à jour (Mercredi, 13 Février 2013 14:26)